300ᵉ anniversaire du parc des Bastions
Depuis sa création par les Autorités publiques en 1726, trois siècles de parc des Bastions nous contemplent.
Le parc des Bastions est une oeuvre végétale, architecturale, sociale et culturelle majeure pour Genève. Cette oeuvre vivante créée en 1726 célèbre cette année son tricentenaire.
Une histoire du parc
Aménagé pour offrir à la population un espace de promenade à l’intérieur de la ville fortifiée lors d’une période de menace de peste, le parc et son allée centrale ont traversé bien des aléas. Une première secousse a lieu avec l’annexion française de Genève (1798-1813) pendant laquelle le parc sert notamment d’écurie aux troupes napoléoniennes. En 1816 il contribue à la survie de la population avec l’abattage de 150 marronniers pour planter des pommes de terre lors de la dernière grande disette connue à Genève. Un an plus tard (après la récolte des patates) il accueille le premier jardin botanique public de la ville créé par Augustin-Pyramus de Candolle.
Il s’agrandit à la destruction des fortifications dans les années 1850, voit l’Université et la Bibliothèque de Genève s’implanter entre deux anciens bastions en 1871. Il se pare de grilles grandioses et d’un portail monumental suite au legs du duc de Brunswick en 1873. En 1917, le mur le plus célèbre de Suisse, celui des Réformateurs, prend place sur les anciennes serres du jardin botanique qui vient de déménager sur la rive droite. Le parc a survécu aux difficultés des deux guerres mondiales, a vu ses allées grandement goudronnées durant le XXe siècle. En 2017, le sol de la promenade centrale est à nouveau rendu perméable, lumineux et naturel par la mise place d’un revêtement argilocalcaire rappelant celui des origines du parc.
En parallèle à l’histoire de ces aménagements s’est écrit une autre histoire des Bastions, celle des souvenirs partagés avec la population. Chaque habitante, chaque habitant a depuis trois siècles un souvenir lié à ce lieu aussi historique que quotidien. Souvenir d’enfance, de fête des écoles, de fête du 1er août, de fête de l’escalade, de fête de la musique sous une pluie diluvienne, souvenir d’études, de petits chevaux de bois à pédales, de marronniers en fleurs au printemps, d’arrosage des pelouses l’été, d’arbres dorés l’automne, de patinoire et de promenade enneigées l’hiver. De commémorations grandioses en manifestations discrètes, le parc a tout connu, tout accueilli avec générosité depuis 300 ans.
Pour qu’il resplendisse encore des siècles, la Ville s’active. Car malgré sa force et sa résilience, le parc n’est pas inépuisable. La population de Genève est passée de 20’000 habitantes et habitants en 1726 à plus de 200’000 aujourd’hui et la pression exercée sur le site atteint ses limites. Trois siècles après sa création, le parc est un poumon de verdure pour la population.
Pour la faune et la flore indigène, il est un refuge qui révèle que peuvent coexister richesse écologique et vitalité urbaine. À certaines conditions.
Le Service des espaces verts de la Ville de Genève (SEVE) met en place différentes actions pour maintenir et développer la biodiversité du parc avec l’accueil de la population. Des arbres sont protégés, des pelouses également; des surfaces sont rendues plus perméables pour récolter les eaux de pluies et mieux abreuver les sols secs (hérités des remblais des anciennes fortifications, peu propices aux racines profondes dont ont besoin les grands arbres). Quelques manifestations sont déplacées sur d’autres sites moins sensibles, à l’image du Marché de Noël.
À l’occasion du tricentenaire du parc, le parcours dendrologique sera également revitalisé. De nouveaux arbres seront étiquetés pour permettre de les identifier. De nouvelles espèces plus adaptées à l’évolution climatique seront plantées en complément à celles traditionnelles. L’objectif est de développer la richesse de ce patrimoine exceptionnel et que cette œuvre vivante soit transmise aux générations futures pour s’épanouir encore des siècles.
Événements à venir
-
1726
Création d’une allée centrale plantée de trois alignements d’arbres dans un jardin inséré à l’intérieur de la ville fortifiée. Le jardin, très géométrique, évoque ceux des châteaux de cette époque (Versaille est réalisé 50 ans plus tôt).
Ville de Genève -
1817
Augustin-Pyramus de Candolle crée le premier Jardin botanique de Genève. L‘Orangerie et ses serres (dont le plan est dessiné par Guillaume Henri Dufour) sont situés à l’endroit occupé de nos jours par le Mur des Réformateurs.
BGE / Ville de Genève -
1850
Juste avant la destruction des fortifications. Un des trois entrées de la Ville fortifiée, la porte de Neuve, est visible en bas de l’image. En haut à droite, le flambant neuf palais Eynard, réalisé de 1817 à 1821 est alors une demeure privée (rachetée par la Ville de Genève en 1891).
Lionel Devaux / Ville de Genève -
1863
Début de la destruction des fortifications et aménagement du lieu en parc paysager. La porte de Neuve est devenu une place avec ses premiers édifices: l’actuel Musée Rath et le Conservatoire de musique.
BGE / Ville de Genève -
1868
Plan de situation des bâtiments académiques entre deux bastions. Les travaux commenceront en 1871 (après démolition des deux bastions).
BGE / Ville de Genève -
1880
Le parc accueille l’Université et la Bibliothèque de Genève. Le portail majestueux réalisé en 1874-1875 fait face, côté place Neuve, au Grand Théâtre inauguré en 1879. Tous deux sont financés grâce au legs du Duc de Brunswick (décédé en 1873).
BGE / Ville de Genève -
1917
Inauguration du Mur des Réformateurs en lieu et place des serres démolies en 1910. Six ans plus tôt, le Jardin botanique, les herbiers et les collections de plantes quittaient les Bastions pour leur emplacement actuel sur la rive droite.
BGE / Ville de Genève -
Début du XXᵉ siècle
Un sol perméable, des arbres et des pelouses protégées.
BGE / Ville de Genève -
De l’entre-deux-guerres au début du XXIᵉ siècle
Un sol goudronné, des arbres et des pelouses dégagées.
Jean-Patrick Di Silvestro / DR -
2017
Le sol de la promenade centrale est entièrement rénové. Le goudron est remplacé par un revêtement argilocalcaire perméable, donnant au parc une atmosphère naturelle et lumineuse.
Magali Girardin / Ville de Genève -
2026
Un parc tricentenaire au cœur de la ville.
Magali Girardin / Ville de Genève -
Un patrimoine arboré exceptionnel sur un site surexploité
Le parc des Bastions compte aujourd’hui 488 arbres de près de 200 espèces différentes dont plusieurs sont très rares à Genève. Le parc accueille 60 manifestations par année.
SITG / Ville de Genève -
Soigner l’existant
Si les arbres sont protégés durant les manifestations, certains le sont désormais également de façon pérenne. La création d’un périmètre de sécurité autour du tronc permet d’éviter les tassements du sol (dus au piétinement des usagers et usagères) qui peuvent être fatals à la santé racinaire de l’arbre.
Lionel Devaux / Ville de Genève -
Cultiver la diversité
La Genève internationale existe aussi par ses arbres. Aux Bastions, ils invitent à un tour du monde végétal: métaséquoia de Chine, noyer noir d’Amérique, cèdre pleureur de l’Atlas, mélèze d’Europe, ptérocaryer du Caucase, érable du Japon, araucaria du Chili, etc.
Simon Chamay / Ville de Genève -
Préparer l’avenir
Créé en 1726, le parc doit vivre aujourd’hui et assurer son avenir. Des plantations régulières sont effectuées pour régénérer l’exceptionnelle diversité du patrimoine arboré du site, fruit de ses origines de jardin botanique. Un parcours dendrologique, avec 150 arbres étiquetés permet à la population de mieux identifier les arbres.
Anna Pizzolante / Ville de Genève